La Bolivie, pays des superlatifs

La Bolivie est un peu comme un livre des records Guiness dont la devise pourrait être: "Toujours plus haut". La Bolivie est en effet un pays de superlatifs. Ce pays possède des frontières parmi les plus vierges et les plus sauvages du monde; on y trouve les traces d’une des plus anciennes société et civilisation du monde, l’empire inca, qui a su développer de grandes connaissances en géométrie, suffisamment de compétences en astronomie pour avoir créé un calendrier fonctionnel et pratique, tracé des routes à travers la muraille de la Cordillères des Andes, construit des ponts suspendus pour traverser rivières et canyons, permettant ainsi à leurs courriers de relier Cuzco, la capitale de leur empire à Quito, actuellement capitale de l’Équateur, à pied en huit jours; on y trouve aussi la plus forte concentration au monde de rayons cosmiques.

Il y a également la piste de ski la plus haute sur laquelle certains skient avec une bonbonne d’oxygène attachée dans le dos; le plus haut grand lac navigable du monde, le Lac Titicaca, partagé il est vrai avec le Pérou. L’aéroport de La Paz, El Alto, comme son nom l’indique, est l’aéroport commercial le plus élevé du monde. À plus de 4000 mètres d’altitude, les avions à réaction ont besoin d’une piste de quatre kilomètres de long pour décoller ou atterrir; quant aux avions à hélices, beaucoup doivent, après avoir décollé, redescendre pour atteindre leur altitude de croisière normale. Ce qui laisse supposer qu’ils doivent prendre de l’altitude pour atterrir!

Lorsqu’on arrive de l’aéroport, le large plateau de l’Altiplano s’arrête brusquement et découvre en contrebas une profonde vallée dentelée d’adobes, découpée par de grandes avenues bordées de hauts buildings qui cherchent à dépasser les collines avoisinantes et des petites ruelles sinueuses se faufilant entre les maisons de briques à toits rouges où circulent une multitude de minibus richement décorés de Jésus, de Vierge Marie et de Saints dans lesquels s’entasse la population, les petites et les grandes places, les monuments coloniaux.

Nous sommes à La Paz, à plus de 3900 mètres d’altitude, la plus haute capitale du monde, siège du gouvernement bolivien, qui possède le plus haut terrain de golf au monde, où les balles vont plus vite et plus loin dans l’air raréfié.

Et lorsque tombe la nuit, lorsque le soleil n’est plus que frisant sur l’Altiplano, une aura rougeâtre enveloppe alors les sommets majestueux et enneigés qui encerclent la ville. Bref, pour faire d’une histoire longue une courte, la Bolivie est le plus haut pays des Andes.

Et ce n’est pas fini. La Bolivie est également un pays de contrastes: partant des montagnes parmi les plus élevés du monde, le pays descend jusqu’au bassin de l’Amazonie, du froid et de la neige éternelle des hauts sommets `la moiteur étouffante de la jungle tropicale.

Les 3/4 de la population occupent 1/10 de la superficie sur les hauts plateaux entre le Lac Titicaca au Nord, Potosi au Sud et Cochabamba à l’Est. Ces villes situées le long de la voie ferrée qui mène de La Paz à Buenos Aires en Argentine, de l’Altiplano aux rives de l’Océan Atlantique, ne doivent leur existence qu’aux mines d’argent, certaines déjà exploitées avant l’arrivée des Espagnols.

Et si Sucre reste la capitale légale de la nation, c’est à Potosi que le destin de la Bolivie fut scellé en 1545 par la découverte du "Cerro Rico", une montagne d’argent, que le trésor des rois d’Espagne pilla allègrement. Ce qui permis aussi à cette ville de rivaliser un temps de splendeur avec celle de Lima.

Philippe Amiguet

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Août 2000
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