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Le Golden
Retriever
Un presque parfait Par
Carl Miller |
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Aux yeux de son maître et des membres de sa
famille, le Golden retriever n'est rien de moins que la 7ième
merveille du monde. Et ils ont raison. C'est un chien dont la polyvalence
étonne. Chien d'avalanches, chien guide d'aveugles, chien d'aide
aux handicapés, celui que l'on appelle familièrement le
Golden est aussi un chasseur émérite. Et ce n'est pas
tout, c'est un chien calme et docile. Sans compter qu'il a un cur
gros comme ça ! Il est racé, élégant et,
qualité non négligeable, il est intelligent. À
cet égard, il occupe un rang de choix parmi les races de chien
considérées comme offrant le meilleur potentiel d'intelligence.
Pour reprendre une expression consacrée, c'est un chien en or
au-dedans comme au dehors. Même sa fourrure a des reflets dorés
et il a incontestablement de beaux yeux. Vous ne me croyez pas, essayez
pour voir de dire à un maître de Golden que son chien a
des yeux ordinaires. Vous m'en donnerez des nouvelles.
Même
le monde la publicité l'a adopté. Faut-il vanter les
mérites d'une moulée, le Golden fera spectaculairement
l'affaire. Les vendeurs d'un shampooing pour toutou feront bon usage
de ce Golden dont la gaieté quasi juvénile passe très
bien à l'écran. Et cabotin avec ça ! Toutes ces qualités font de lui un chien dont la popularité ne cesse de croître de façon exponentielle. On estime que sur la planète, le nombre de naissances de Golden a quintuplé tous les ans depuis ces trois dernières années. Douce revanche, font remarquer ses adeptes, sur son cousin le labrador qui, jusqu'à tout récemment, occupait le haut du pavé sur le plan de la popularité et conséquemment de la reproduction. Mais cette popularité, on le devine bien, ne va pas sans causer de sérieux préjudice à cette race. Partout dans les pays industrialisés on retrouve des élevages de Golden qui ressemblent à s'y méprendre à de véritables usines de reproduction. Résultat, l'acheteur de Golden doit prendre trois précautions plutôt qu'une. Il n'est d'ailleurs pas facile de s'y retrouver. Un éleveur de renom rencontré dans le cadre de ce reportage est d'avis que par les temps qui courent un acheteur de chien qui ne prend pas un minimum de précautions prend un maximum de risques. De plus, fait-il remarquer, il est habituellement trop tard pour se séparer d'un animal qui se révèle taré après avoir été aimé, élevé et dorloté pendant plus de six mois. L'attachement est tel que l'on ne veut plus se séparer de l'animal, même sérieusement taré. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Une race de chien surexploitée ne peut que dégénérer. Et qui dit dégénérescence dit tares physiques et psychologiques graves. Plusieurs éleveurs sérieux le déplorent et réclament à corps et à cris un meilleur contrôle de la reproduction. Malheureusement, à ce jour, leurs demandes sont demeurées lettres mortes. Tout un chacun est libre de s'improviser éleveur et de proposer à moindre coût un Golden de race mais sans papier. Si vous ajoutez à cela le nombre sans cesse croissant de particuliers qui méconnaissent les règles qui doivent encadrer la reproduction et qui font engrosser leur femelle par le premier Golden venu, vous aurez un portrait complet des facteurs qui contribuent à corrompre la race. Origines nébuleuses
Les origines du Golden sont nébuleuses. Et son apparition en tant que race en bonne et due forme est digne des histoires que l'on raconte aux enfants avant qu'ils ne s'endorment.
Paraîtrait que par un beau soir de 1858, à Brighton, en Angleterre, Lord Tweedmouth qui s'appelait encore Sir Dudley Majoribanks assistait à un spectacle de chiens savants présenté par un cirque russe. Habilement dressés, ces chiens retrouvaient, apparemment sans difficulté, divers objets cachés à leur insu sur la piste.
Cynophile averti et passionné, Sir Majoribanks, après le spectacle, se rendit dans la roulotte du dresseur pour lui offrir d'acheter une femelle et un mâle de sa meute de traqueurs, autrement dit des bergers du Caucase. Au terme de plusieurs heures de négociation, l'affaire fut conclue. Le Sir qui devait devenir un Lord, fier comme Artaban et momentanément pauvre comme Job, reparti avec huit chiens payés, paraît-il, fort cher.
De retour en Écosse, il démarra un élevage qui, après quelques croisements, donna naissance au Golden retriever. Belle histoire, mais vraisemblablement inexacte car, petit détail important qui fait de cette histoire une fable, c'est qu'on ne comprend pas comment des chiens de berger, même savamment croisés, auraient pu devenir des Golden tels que nous les connaissons aujourd'hui.
Certains historiens expliquent que Lord Tweedmouth aurait encouragé cette légende pour que l'on ne puisse pas remonter aux origines réelles du Golden. Vrai ? Faux ? Difficile à dire. Chose certaine, il tenait scrupuleusement un journal d'élevage dans lequel il consignait tous les croisements.
En 1959, la présidente du Club anglais du Golden, madame Stonex, découvre que cette race tire son origine du croisement d'un "flat-coated retriever" (un retriever jaune à poil plat) acheté en 1864 à un cordonnier de Brighton et d'une tweed water-spaniel prénommée Belle. De ces amours qui auraient pu devenir célèbres naquirent, en 1868, quatre chiots, les ancêtres du Golden. Par la suite, de nouveaux croisements avec, entre autres, le saint-hubert et des retrievers à poil long prirent place pour perfectionner la race. Reconnu juste avant la Première guerre mondiale
C'est en 1913 que la race fut reconnue par le Kennel Club. À ce moment-là, l'aristocratie britannique avait déjà un faible pour le Golden. Ce penchant s'expliquait fort bien. Le Golden avait été inventé, si l'on peut dire, pour effectuer la tâche de rapporter. En fait son existence est en lien direct avec un progrès technologique : l'amélioration de la portée des fusils de chasse. Amélioration qui se traduisait par la capacité pour les chasseurs d'abattre le gibier à plumes de plus en plus loin de la gueule du canon.
Il faut dire que les setters et les pointers, même s'ils sont très habiles à faire lever le gibier, ne sont pas très doués pour retrouver et rapporter le gibier abattu ou dissimulé quelque part dans les herbes, loin du chasseur. Sans compter que messieurs les Anglais ne voyaient pas pourquoi ils auraient fatigué leurs chiens de chasse alors que d'autres plus doués pour ramener la marchandise étaient à leur disposition. Chien de chasse ou de compagnie
Le Golden retriever a beau être un chien de chasse, pour la grande majorité de ses "adorateurs" il est d'abord un chien de compagnie. Et quel chien de compagnie ! La liste de ses qualités est impressionnante et en fait craquer plus d'un. Le Golden est doux, tendre, loyal, délicat, intelligent et facile à vivre. Il a une facilité d'adaptation peu commune. Si son maître est du genre casanier, le Golden le sera aussi. Si, au contraire, son maître est du type marathonien, il s'en accommodera sans problème.
À la ville, il se comportera comme un citadin. À la campagne, il sera parfaitement à l'aise. Toutefois, un Golden ne doit en aucun cas être privé d'exercice. Même s'il lui arrive d'être pantouflard (à l'image de son maître) il ne faut pas confondre ce trait de caractère avec ses besoins physiques et psychologiques. Un Golden n'aime pas rester longtemps seul à la maison à attendre son maître. Il vivra en appartement à la condition de faire deux promenades par jour. Sinon, il peut devenir neurasthénique. Pour garder votre Golden en bonne santé, accordez-lui deux bonnes promenades par jour et donnez-lui la possibilité de lâcher son fou. Amenez-le là où il pourra courir, sauter, faire des cabrioles, etc. Cela, soit dit en passant, vaut pour tous les chiens.
Le Golden, comme certaines personnes d'ailleurs, prend du poids facilement et comme il est du genre gourmand, une surveillance attente attentive et de bonnes habitudes alimentaires s'imposent.
Fait à souligner, le bonheur pour le Golden c'est de vivre près de son maître. Tout près. C'est ce qui explique que beaucoup de maîtres de Golden l'emmènent avec eux le plus souvent possible, même au travail. Petit plaisantin qui adore les enfants
Le Golden aime jouer des tours. C'est dans sa nature profonde. Vous n'avez donc pas à vous surprendre lorsqu'il saisit un objet quelconque et l'apporte à vos pieds. Si le Golden pouvait se servir de ses muscles faciaux pour exprimer sa joie, il aurait le sourire fendu jusqu'aux oreilles. À peine a-t-il abandonné sa mère qu'il a déjà cette habitude de "piquer" toutes sortes de choses. Curieusement, il faut encourager ce comportement. Pourquoi ? Pour préserver son instinct de rapporteur qui lui sera fort utile si jamais vous l'inscrivez à des concours. Soit dit en passant, le Golden raffole du sport. Il adore nager et aime bien les parcours d'agility. Sans compter que le travail d'équipe tout en étant très bon pour son moral facilitera son apprentissage des routines qui feront la joie de ses maîtres. Précision importante : ne faites pas courir votre Golden avant l'âge d'un an, sinon ses hanches risquent de s'en ressentir.
Le Golden a un petit côté nounours qui le rend fort sympathique à ses maîtres et aux enfants. Il est doux, caressant et tolérant jusqu'à un certain point. Il préfère les caresse à ce qui heurte sa sensibilité. Il préférera aller se faire voir ailleurs, plutôt que de se faire bousculer par un maître impatient ou un enfant turbulent.
Le Golden a ce que l'on appelle une "tête heureuse". Il est enjoué et son âge ingrat, comparativement à d'autres races, dure longtemps. La maturité du Golden c'est pour plus tard. Il faut attendre que le mâle ait atteint trois ans et la femelle deux ans et demi avant de parler "d'épanouissement" .
Facile à dresser, le Golden, au-delà de ses incontestables talents de chien de chasse peut aussi rendre d'inestimables services aux forces policières notamment dans la recherche de drogues et d'explosifs. Grâce à son odorat hors du commun c'est aussi un excellent chien d'avalanches et autres catastrophes. Plus récemment, on a fait de lui un expert dans le "pistage humain" qui consiste à retrouver des personnes égarées. En France, il joue les chiens-guides, une responsabilité qui en dit long sur les capacités de l'animal. Il n'y a finalement qu'un seul domaine où le Golden n'excelle pas, c'est comme chien de défense et de garde. Quand il se jette sur quelqu'un, c'est pour lui manifester de l'affection. L'autre côté de la médaille
Le Golden, si l'on peut dire, a les défauts de ses qualités. Encore que le fait de détester souverainement les cris et la violence soit considéré comme un défaut. Il n'est heureux que lorsque le milieu où il vit est calme, les gens détendus et où par-dessus tout on connaît son incommensurable besoin d'affection. Il faut donc l'éduquer en conséquence, en prenant certaines précautions. Les gants blancs sont de rigueur. Lui parler fort équivaut à lui donner des coups de cravache. Son dresseur sait que s'il élève la voix et lui manifeste une quelconque forme d'agressivité le Golden fera non seulement la sourde oreille, mais deviendra par la suite imperméable à toute forme d'apprentissage même en douceur. C'est que le pitou a de la mémoire et c'est justement à cause de cela qu'un mauvais traitement peut le traumatiser à vie.
Mais si 'on sait y faire c'est un chien réceptif dont l'éducation est chose facile. Bonne chance. CM
- Février 2002 |
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