Le Honduras, un avant-goût des Antilles

Ce pays, plus connu pour ses fruits que ses charmes et sa beauté, aurait facilement mais fallacieusement pu être considéré comme une "République de bananes" si la United Fruit Company n’avait pas décidé de réduire dramatiquement la production hondurienne de ce fruit oblong à pulpe farineuse et épaisse peau jaune.

Situé au coeur de l’Amérique centrale, le Honduras, de l’Atlantique au Pacifique, est un pays de montagnes verdoyantes, de forêts tropicales de bois précieux et de plages de sable blanc. Son histoire agitée a laissé des traces dans chacun de ses dix-huit départements dont certains portent des noms fort poétiques, voire oniriques ou musicaux: Atlantida, Comayagua, Choluteca, El Paraiso, Gracias a Dios, Intibuca, Ocotepeque ... Églises et cathédrales coloniales, mines abandonnées, châteaux et forteresses témoignent des temps difficiles de guerre et de la colonisation espagnole.

Son histoire précolombienne est également présente à Copan, lieu habité dès 800 av. J.-C.. et dont les ruines imposantes renferment aujourd’hui le mystère de la disparition soudaine, au VIIème siècle de notre ère après trois règnes de splendeur, de la culture maya dans cette région.

Puis, il y a aussi l’histoire inconnue, l’Énigme: la Ville Blanche, située à quelques kilomètres de Trujillo, cité légendaire d’une époque très reculée appartenant à une civilisation dont nous ne savons encore rien.

Excursions et plaisirs de la vue: panoramas fabuleux, paysages grandioses dans les nombreux parcs nationaux, réserves biologiques et sanctuaires marins; mais aussi frissons délicieux dans la Grotte de Taulabe où l’on trouve, couverts de sédiments calcaires, des squelettes d’hommes et d’animaux et où les stalactites et les stalagmites en se rejoignant forment des colonnes élancées ou des sculptures géantes d’ailes d’ange.

Tegucigalpa, dont le nom signifie en langue indigène "colline d’argent", s’est développée sans aucune planification sur le site d’une ancienne mine. Elle est composée de "barrios", colonies et zones résidentielles dispersées autour des collines avoisinantes et ressemble plus à une charmante petite ville de province qu’à la capitale du pays.

La côte atlantique donne un avant-goût des Antilles, rues ensoleillées et achalandées, marchés colorés et animés, une musique rythmée dans l’air, les cris et les rires, les chansons et les boniments, les villes blanches sous un ciel bleu: La Ceiba, Tela, Trujillo. L’eau turquoise de la mer baigne des plages de sable fin et blanc aux noms chauds et attirants: El Venado, La Encenada, Corozal, Sambo Creek, Peru, El Parvenir, San Juan, Paradaise, Triumpho de la Cruz, tous lieux bordés de palmiers qui se détachent comme un tableau en relief sur le vert plus foncé des montagnes voisines.

Non loin, au large, les îles Roatan, Utila et Guanaja, abritent de magnifiques plages ensoleillées bien protégées de la houle par une formidable barrière de corail, la deuxième au monde. Là, jadis, les boucaniers et les flibustiers venaient se reposer ou se cacher de leurs ennemis. Et c’est à Utila, si l’on en croit ses habitants, qu’est mort et a été enterré Henry Morgan, l’un des plus illustres et redoutés pirate de l’histoire de la flibuste.

Philippe Amiguet

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Août 2000
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