On aura beau dire, les poulets se suivent mais ne se ressemblent pas. Du moins si lon en juge par les titres de noblesse culinaire dont on les affuble. On trouve maintenant des poulets de grains, des poulets «sans hormone», des poulets fermier, des à viande blanche, des à viande brune, des refroidis à lair, dautres à leau, sans oublier les poulets de série. Lorsque lon se préoccupe un tant soit peu de ce que lon mange, sy retrouver nest pas une mince affaire. Peu importe où lon se trouve sur la planète, le poulet a une longueur davance sur bon nombre dautres bestioles. Partout dans le monde, il occupe un rang de tête parmi les produits les plus consommés. Il y a vingt ans à peine, les habitudes alimentaires voulaient quon le cuise en entier. Aujourdhui, il se vend davantage de morceaux de poulet que de poulets entiers. Voilà peut-être ce qui explique en partie la variété de coupes et dapprêts offerte dans les marchés dalimentation de toutes tailles. Mais ce que lon a gagné en variété de coupes on la quelque peu perdu en variété dengraissement du volatile. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes consommateurs se demandent ce que lon a fait du bon vieux poulet qui ne consommait ni hormone ni vitamine, mais des grains entiers, courrait dans la basse-cour pour les digérer et passait de vie à trépas lorsque, bien dodu, il avait atteint lâge vénérable de quatre mois, parfois davantage. À 38 jours, cest un vieillard De nos jours, lespérance de vie dun poulet ne dépasse guère trente huit jours. Il est élevé dans des lieux où ses mouvements sont limités à leur plus simple expression et où sa nourriture fait lobjet dun contrôle de tous les instants. Bref, il ne picore pas, comme le faisaient ses ancêtres, des coquilles duf broyées que la fermière jetait à la volée à proximité du poulailler. Le poulet daujourdhui mange bien. Trop bien peut-être. Il ingurgite des suppléments vitaminiques qui finissent dans notre assiette. À vrai dire il existe officiellement deux catégories de poulets : les « A » , les plus que parfait sans défaut de présentation et les vulgaires « utilités » qui sont parfois plus petits et dont la peau a été écorchée. Les deux sont inspectées par lAgence canadienne des aliments, mais il nexiste aucune garantie quant au fait quils sont sans salmonellose ou encore quils ne subiront aucune autre transformation. Le poulet pétant de santé Cest le poulet bio (pour biologique) . Celui qui, selon les normes québécoises, a été nourri exclusivement de grains certifiés biologiques et a été élevé avec pas plus de 500 de ses congénères sur une surface suffisante. Le poulet de grains cest autre chose. À la limite on pourrait dire que tous les poulets sont de grains puisquils sont tous nourris de grains. Sauf quil y a le grain que lon ajoute à la moulée et le grain de maïs ou de blé qui se mange sans mélange. Honnêtement, il ny a pas de quoi en faire un plat, car au-delà du fait que lon doive payer 30% de plus que pour un poulet dit régulier, il ny a guère de différence. Cest le supplément que le consommateur doit payer pour être rassuré. Même chose pour le poulet refroidi à lair. À lair froid sentend. Que vous le mangiez sur un lit de nouilles aux tomates ou rôti façon St-Hub, le poulet est bon pour la santé. Selon Philippe Mollé, le chef cuisinier : « Peu importe la publicité où lon verse un pichet deau sur une poitrine de poulet pour illustrer la différence entre un poulet refroidi à lair froid et un poulet refroidi à leau froide après labattage. Dans les deux cas, on oublie lessentiel : même si le poulet est refroidi à lair, donc sil absorbe moins deau, il reprend ce quil na pas reçu lors de labattage sil est mariné, assaisonné ou baratté. » Ce que lon ne ferait pas pour vous en vendre Il ny a aucune illusion à se faire, ce que les transformateurs de poulet recherchent avant tout cest la rentabilité, le profit. Ils nont pas mis de temps à comprendre que tout en respectant la loi, ils pouvaient utiliser différentes méthodes dont un procédé mécanique qui rend le poulet on ne peut plus goûteux et coûteux : le barattage. Le barattage est un traitement relativement simple que lon fait subir au poulet. Dans une cuve où lon a fait le vide dair, on place le poulet, une quantité deau, de sel, de phosphate, de sucre et dépices dont le poids peut atteindre jusquà 50% du poids du poulet, parfois davantage. Ce que cela veut dire? Au sortir de la cuve, le morceau de poulet qui pesait 100 g à lentrée pèse maintenant 150 g. Donc on vous vend 50 grammes deau épicée au prix du poulet. Et tout cela impunément bien sûr. Il faut faire vite Il faut être prudent avec le poulet. Il saltère vite. Frais et entier, il se conservera 10 mois au congélateur et de 1 à trois jours au réfrigérateur à plus ou moins 4 ºC. En morceaux, il se conservera 8 mois au congélateur et de 1 à 3 jours au réfrigérateur (toujours à plus ou moins 4 ºC). Haché, son temps de conservation au congélateur sera de deux mois, au réfrigérateur pas plus de 2 jours. Quant aux abats, ils se conserveront 3 à 4 mois au congélateur et de 1 à 2 jours au réfrigérateur. Le petit cousin du hamburger Le poulet doit être cuit en profondeur. Il présente le même risque de salmonellose que le hamburger. La cuisson doit donc se faire à 80 ºC. Attention de ne pas réutiliser sans le laver, à leau chaude et au savon, le couteau qui a servi à le dépecer avant cuisson. On ne prend jamais trop de précautions. La loi du poulet Il est interdit dadministrer des hormones de croissance au poulet. Par contre, la loi est muette sur le « barattage ». Et si elle impose lobligation sur les produits préemballés de donner une liste de renseignements nutritionnels, cette loi ne sapplique pas aux produits en vrac. Le maigre et le maigrichon Si le poulet est de plus en plus populaire, le buf a toujours une longueur davance. Le porc nest pas loin derrière le poulet. Quoiquil en soit, par rapport à 1982 la consommation de poulet a augmentée de près de 70%. Le poulet est plus maigre que le boeuf et le porc mais il est plus gras que le lapin et le lièvre. Carl Miller |
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